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Gudrun Müsse Florin

Décors de théatre / Bühnenbilder des Lebens

Wenn Gudrun Müsse Florin einen Vorhang zuzieht, öffnet sie den Blick auf die Welt. Wenn Gudrun Müsse Florin eine Barriere errichtet, fordert sie Freiheit. Wenn Gudrun Müsse Florin einen dürren »Baum des Wissens« pflanzt, plädiert sie im Umkehrschluss für die Weisheit des Herzens.

Bis auf den heutigen Tag entwirft die Künstlerin Bühnenbilder des Lebens.

Sie bespielen sich selbst, das macht ihre Kunst aus. Und sie dienen als Medium zwischen einer Welt des Glaubens und der Metaphysik und dem rationalen Diesseits. Oder wie sie es selbst formuliert: zwischen dem nicht Fassbaren und dem Konkreten. In dieser Funktion erfüllen sie den moralischen Auftrag, der Gudrun Müsse Florin umtreibt. Sie geht indes nicht mit dem erhobenen Zeige- finger »Du sollst« unter die Menschen, sondern hält sich an Schillers Humani- tätsbegriff, in dem sich das Sittliche und das Schöne verbinden.

Das »absolute moralische Vermögen«, das im Idealfall mit Kants kategorischem Imperativ übereinstimmt, impliziert für die Künstlerin ebenso das Gegenteil: das absolu- te amoralische Vermögen. Entsprechend erscheint uns Gudrun Müsse Florins Welt ambivalent. Sie beschreibt sie in vielen Facetten, bringt sie uns nahe in bildmächtigen Installationen und Collagen, auf die sich jede und jeder seinen Reim machen kann.

Auch wenn die Titel ihrer Werke mitunter eine klare Überzeugungslinie vorzugeben scheinen wie das »Schweißtuch der Veronika«, das »Himmlische Jerusalem « oder »Lots Weib« – die künstlerische Umsetzung in mitunter kühnem und zum Teil aus den Insignien des Alltags gespeistem Materialmix behauptet ihre Qualität als autonomes Kunstwerk und widerlegt jeglichen Verdacht, ihre Kunst sei Handwerk, um Überzeugungen zu transportieren. Mittel zum frommen Zweck. Denn nichts verachtet Gudrun Müsse Florin mehr als einzutüten – und eingetütet zu werden. In eine Schublade verbannt zu werden, ist für sie »schlimmer als ein Sarg.« Schließlich ist ihr Thema der Mensch.

Mit allen seinen Möglichkeiten. Mit allen seinen Fähigkeiten, Schwächen und Stärken, guten und schlechten Eigenschaften, die in ihm schlummern. Diese Komplexität beschäftigt sie; dafür hat sie Bildmetaphern gefunden, die in keine Schublade passen; schon deshalb, weil sie sich den Direktiven des Marktes, dem Diktat der Szene nie gebeugt hat. Beachtet wurde und wird ihr singuläres Schaffen gleichwohl. Vielleicht weil sich darin, vor allem in den Tapisserien, das Monumentale mit dem Zarten verbindet, die große Attitüde mit dem sie relativierenden feinen Detail. Ihr »Tempelvorhang« reiste quer durch die USA, ihr »Schweißtuch der Veronika« wurde in Washington gezeigt. In Paris und in Ungarn wollte man sie und ihre Arbeiten sehen. Was in ihrem Fall nicht bedeutet, dass der Prophet im eigenen Land nichts gelte.

Gleichwohl bricht sie in einem Alter, wo sich andere schon längst zur Ruhe gesetzt haben, nochmals auf zu neuen Ufern. In der Sonne des südlichen Frankreichs, wo die Pyrenäen grüßen, wartet ein Atelier darauf, dass sich Gudrun Müsse Florin mit Webstuhl und Charisma weiter in die unheile Welt einmischt. Mit der ganzen metaphorischen Kraft ihrer vielgestaltigen Werke, die letztlich Resultat eines permanenten Selbstfindungsprozesses sind. Dieser weist indes weit über sie hinaus und macht sie so besonders im Allgemeinen. Sie öffnet die Augen - und wer sieht, lernt sich vielleicht selbst näher kennen. Mehr will sie nicht.


Wolfgang Nussbaumer

Lorsque Gudrun Müsse Florin tire un rideau, c'est pour que notre regard s'ouvre sur le monde. Quand elle érige une barrière, c'est pour revendiquer la liberté. Lorsqu'elle plante un maigre « arbre du savoir », elle plaide a contrario en faveur de la sagesse du cœur.

Aujourd'hui encore, l'artiste conçoit des scènes de la vie qui entrent en résonance entre elles. C'est ce qui caractérise son art. Ces scènes constituent le lien entre le monde de la croyance et de la métaphysique et celui de notre existence rationnelle ici-bas. Ou, comme elle le dit elle-même, entre l'inconcevable et le concret. A ce titre, ces scènes de vie remplissent la mission morale que s'est assignée Gudrun Müsse-Florin. Toutefois, elle ne va pas vers les gens le doigt levé en reproche, mais s'en tient au concept de l'humanité de Schiller qui allie beauté et morale.
La « capacité morale absolue » qui va de pair, dans le meilleur des cas, avec l'impératif catégorique kantien, implique pour l'artiste tout aussi bien le contraire : la « capacité amorale absolue ».

C'est pourquoi le monde de Gudrun Müsse-Florin nous paraît ambivalent. Elle décrit ce monde sous de multiples facettes et nous le rend plus familier grâce à ses collages et ses installations, au pouvoir d'évocation puissant, que chacun peut interpréter à sa façon.

Même si les titres de ses travaux, tels « Le suaire de Véronique », « La Jérusalem céleste » ou « La femme de Loth », paraissent afficher une conviction sans ambiguïté, la transposition artistique parfois hardie d'éléments empruntés au quotidien témoigne de la qualité d'un art autonome et réfute toute suspicion selon laquelle son œuvre ne serait que le vecteur de ses convictions. Instruments d'un pieux dessein. En effet, il n'y a rien que Gudrun Müsse-Florin méprise plus que le fait d'étiqueter et d'être étiquetée. Pour elle, être catégorisée est pire qu'être « enfermée au fond d'un cercueil ». Le thème central de son travail est l'être humain, avec toutes ses possibilités. Avec les capacités, les forces et les faiblesses, les qualités et les défauts qui sommeillent en lui : c'est cette complexité dont elle se préoccupe. A cet effet, elle a trouvé des métaphores hors normes, en premier lieu parce qu'elle ne s'est jamais pliée aux lois du marché, au diktat du milieu. Il n'empêche que sa création très personnelle n'a cessé de susciter l'intérêt. Son « Suaire de Véronique » a été exposé à Washington et ses travaux ont été vus tant à Paris qu'en Hongrie. Ce qui ne signifie pas, dans son cas, que « nul n'est prophète
en son pays ».

Néanmoins, à un âge où d'autres ont depuis longtemps pris leur retraite, elle s'en va encore une fois vers de nouveaux rivages. Sous le chaud soleil du Sud de la France, Gudrun Müsse-Florin a installé un atelier où elle continuera à se mêler de notre monde malade, armée de son métier à tisser et de son charisme. Avec toute la puissance métaphorique de ses multiples œuvres qui sont, en fin de compte, le fruit de son cheminement intérieur permanent. Un cheminement qui va bien au-delà de sa personne et la rend si particulière en général. Elle regarde et celui qui ouvre les yeux sur le monde apprend peut-être à mieux se connaître. Il ne lui en faut pas plus.

Wolfgang Nussbaumer

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